Martin Luther - 95 Thèses - La Réforme

 

Martin Luther est né le 10 novembre 1483 à Eisleben, en Thuringe et il est mort le 18 février 1546 dans la même ville.

Il commence des études de droit comme le souhaitait son père, mais très vite il choisit la théologie.

Il devient moine suite à un vœu qu’il a fait à sainte Anne pour qu’elle le protège durant un terrible orage.

C’est au couvent, chez les Augustins qu’il essaie de trouver une réponse à la question qui le tourmente : « comment être sûr d'être sauvé ? ». Il essaie de trouver dans les pratiques de son époque (le jeûne, une vie privée de tout pour plaire à Dieu, et même la souffrance physique). Mais aucune de ces pratiques ne lui donne la paix.

C’est dans l’épitre aux Romains qu’il trouvera LA REPONSE. Il découvre que seule la foi sauve, que seule la confiance placée en Jésus qui nous aime malgré notre péché, libère vraiment :

Romains 3 verset 23 et 24 : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. ».

Le premier sola sera SOLA SCRIPTURA. La théologie de Luther sera entièrement fondée sur la Bible. La Bible est parole de Dieu. Pour lui la Bible représente la source de toute foi et de toute connaissance que l’homme peut avoir de Dieu. Il faut donc que tous puissent la lire, d’où la nécessité de la traduire dans la langue du peuple : l’allemand. Et une autre nécessité : instruire le peuple.

Le deuxième sola sera SOLA GRATIA : Radicalement pécheur, l’homme ne peut se sauver par lui-même, par ses propres forces, par des œuvres méritoires, par des mortifications. Il est pardonné, donc sauvé, par la grâce de Dieu, à cause du Christ crucifié (cf. épître de Paul aux Romains). La grâce libère l’homme de la vaine recherche de son salut par ses efforts et ses mérites.

Le troisième sera SOLA FIDE La foi est un don de Dieu. Elle seule permet à l’homme de vivre le salut reçu en Jésus-Christ. Et de ce fait de pratiquer de bonnes œuvres, non plus dans l’espoir que ces œuvres nous permettront d’atteindre Dieu, mais avec la certitude que l’amour pour Dieu est premier et qu’il nous pousse à faire le bien comme Jésus.

Le quatrième est Jésus-Christ seul : SOLUS CHRISTUS Jésus-Christ est l’image de l’amour de Dieu pour nous. Il ne faut pas invoquer les saints ou implorer leur secours « Car il n’y a qu’un seul Réconciliateur et Médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ, qui est l’unique Sauveur, l’unique Souverain-Sacrificateur, Propitiatoire et Intercesseur devant Dieu ». C’est la fin des indulgences.

Et SOLI DEO GLORIA (À Dieu seul la gloire) Ces différentes affirmations se traduiront dans les fait par :

Le sacerdoce universel de tous les baptisés. Et cette affirmation : nous sommes tous prêtres. S’il n’existe pas de différence de dignité ou de hiérarchie entre prêtres et laïcs, il existe des différences de fonctions, tous ne sont pas appelés à faire la même chose. Luther dira : « prince ou savetier ou pasteur, tous au service les uns des autres, comme les membres d’un même corps dont le seul chef est le Christ ». Si le prêtre n’est plus supérieur aux autres hommes mais s’il est l’un d’eux rien ne s’oppose non plus à ce qu’il se marie. (Luther épousera en 1525 une ancienne religieuse, Catherine de Bora, ensemble ils auront six enfants.)

Les sacrements. Ils sont les signes visibles de la grâce de Dieu institués par le Christ. Cette définition empruntée à saint Augustin conduit Luther à ne retenir que deux sacrements : le baptême et l’eucharistie (la pénitence, la confirmation, le mariage, l’ordination, l’extrême-onction ne sont plus reconnus comme des sacrements). Il convient de comprendre le sacrement comme promesse de grâce reçue par la foi et non plus comme un acte opérant par lui-même le salut.

Une telle compréhension du sacrement bouleverse la doctrine et la pratique traditionnelles de l’eucharistie qui devient la Sainte Cène.

            elle exclut toute idée de la « messe » considérée comme sacrifice renouvelé offert par les prêtres pour le salut des vivants et des morts, car le sacrifice de la croix a été accompli une fois pour toutes,

            si la promesse de grâce reçue par la foi est constitutive du sacrement, il faut que la communion soit précédée et accompagnée de la Parole donc que celle-ci soit clairement entendue de tout le peuple : la « messe » ou l’office doit être en langue vulgaire compréhensible par les fidèles et non en latin,

            la référence de ce sacrement aux paroles de son institution par le Christ « Buvez-en tous » conduit à offrir à tout le peuple, et non à réserver aux seuls prêtres, la communion sous les deux espèces : le pain et le vin.

 

Lexique 

La Foi c’est le fait de croire en Dieu qui s’est révélé en Jésus - Christ par le Saint Esprit. C’est par l’étude de la Bible que l’on peut, soit recevoir, soit grandir dans la foi. La vraie foi, la foi obéissante, se démontre par des actes visibles qui en manifestent la réalité (Jc 1.22-25; Jc 2.14-17; 1 Th 1.8-9).

La foi est la conviction des choses qu’on ne voit pas (Hébreux 10 : 38)

La grâce de Dieu est la manifestation imméritée de l’amour de Dieu envers des hommes pécheurs. Le mot grec “charis”, traduit par « grâce », signifie aussi « faveur » (par ex. Luc 2:52 ; Actes 2:47), « libéralité » (par ex. 1 Cor. 16:3), « gré » (par ex. Luc 6:32-34) ou « être obligé » (Luc 17:9) et « digne de louange » (1 Pierre 2:19, 20). Le terme grec pour « joie » est très proche du mot “charis”. Jamais la grâce de Dieu ne se manifeste au détriment de sa justice ; elles sont toujours en parfait accord. Sa justice exige la condamnation d’hommes tels que nous à cause de nos péchés, mais dans son amour et sa grâce, Dieu a envoyé son propre Fils « pour être la propitiation (offert à notre place) pour nos péchés » (1 Jean 4:10). À la croix de Golgotha, ses exigences saintes et justes ont été pleinement satisfaites par le Seigneur Jésus.

Le salut c’est être délivré du danger et de la souffrance. Sauver quelqu’un, c’est le délivrer ou le protéger. Le mot comporte une idée de victoire, de santé ou de protection. La Bible emploie parfois les mots « sauvé » ou « salut » pour une délivrance temporelle, physique, comme quand Paul a été libéré de prison (Philippiens 1.19).

Mais le plus souvent, le mot « salut » fait référence à la délivrance spirituelle éternelle. Quand Paul a dit au geôlier philippien ce qu’il doit faire pour être sauvé, il parlait de sa destinée éternelle (Actes 16.30-31). Jésus met le salut sur le même plan que l’entrée dans le royaume de Dieu (Matthieu 19.24-25).

De quoi sommes-nous sauvés ? Nous sommes sauvés de la « colère, » c’est-à­-dire du jugement de Dieu pour nos péchés (Romains 5.9, 1 Thessaloniciens 5.9). Le péché nous sépare de Dieu et sa conséquence est la mort (Romains 6.23). Le salut biblique implique notre délivrance des conséquences du péché, donc l’effacement de ce dernier.

Qui nous sauve ? Dieu seul peut ôter le péché et nous délivrer de son châtiment (2Timothée 1.9, Tite 3.5).

Comment Dieu sauve-t-il ? Dieu est venu nous sauver par Christ (Jean 3.17). Plus précisément, c’est par la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection que nous sommes sauvés (Romains 5.10, Éphésiens 1.7). Les Écritures disent clairement que le salut est un don gratuit et immérité de Dieu (Éphésiens 2.5, 8), accessible seulement par la foi en Jésus-Christ (Actes 4.12). 
 


Comment recevons-nous le salut ? Nous sommes sauvés par la foi. D’abord, nous devons entendre l’Évangile, la bonne nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus (Éphésiens 1.13). Puis, nous devons croire, mettre toute notre confiance dans le Seigneur Jésus (Romains 1.16), ce qui implique la repentance, changer d’avis concernant le péché et Christ (Actes 3.19) et enfin, faire appel au nom du Seigneur (Romains 10.9-10, 13).

Gloire de Dieu : Le mot gloire vient de l’hébreu (kavôd) Étymologiquement kavôd signifie « être lourd ». Le premier sens de kavôd est « poids ». Les sens dérivés expriment tous la même idée: « ce qui donne du poids », « ce qui en impose ».

Cette gloire est une analogie pour parler de sa présence, cependant Dieu est plus que toutes ses manifestations. Quand Dieu agit, il y met tout le « poids» de sa sainteté, aucun homme ne peut porter ce poids. Ce qui explique la distance qu’il y a entre Dieu le trois fois Saint et nous. Le seul qui puisse abolir cette distance est Jésus Christ.

 

En Jésus, le Père met tout le « poids » de son Amour pour nous ouvrir le chemin du salut et nous faire entrer dans son intimité même. Jésus est la manifestation de la gloire de Dieu. Et de façon encore plus paradoxale, il l’est par sa mort. La glorification de Dieu se manifeste sur la Croix où Jésus donne sa vie et dans sa résurrection trois jours plus tard.